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TheWebTape rencontre Superpoze

C’est l’un des précurseurs de l’effervescence de la scène caennaise, l’acolyte d’Adrien (Concrete Knives) sur le projet Kuage, un copain de longue date de Fakear et une pépite du beatmaking français. A seulement 22 ans, Superpoze en a déjà fait du chemin. Avec plusieurs EPs à son actif dont le dernier en collaboration avec STWO, Gabriel s’apprête à sortir un album qu’il vient d’ailleurs d’enregistrer en Belgique. Rencontre avec un prodige du beatmaking qui réussit des merveilles sans se prendre la tête.

TWT : Mi-décembre, tu as sorti 4 sons inédits en collaboration avec tes copains Fakear et Thylacine. C’était totalement imprévisible !

Superpoze : Je connais Théo (Fakear) depuis longtemps. On a rencontré William par la suite (Thylacine) via la musique. On a été bookés tous ensemble à un festival aux Arcs. Le deal c’était de venir jouer un soir mais également de rester quelques jours pour skier. Il n’y avait pas du tout de neige, du coup on a fait de la musique. Ce ne sont pas des morceaux vraiment finis, ce sont plus des impros. Ça nous a donné envie de le faire pour de vrai en plus !

TWT : Vous avez enregistré ces morceaux très rapidement du coup ! Comment avez-vous fait pour que chacun trouve sa place dans ce processus de création ?

Superpoze : Pour avoir fait ça plusieurs fois, je sais que faire tout ensemble ne fonctionne pas car tu vas forcément devoir trouver des compromis donc il y aura toujours des bribes de morceaux qui te plairont moins. Là, on s’est servis de chacun comme un filtre. Par exemple, le premier morceau c’est Théo qui a fait la première loop, il me l’a filé et moi j’ai supprimé quelques éléments. On était un peu des passoires les uns avec les autres. Pour moi, c’est une super méthode pour des producteurs.

TWT : Tu as récemment sorti un EP avec STWO. Comment vous êtes-vous rencontrés et pourquoi avoir décidé de réaliser un projet commun ?

Superpoze : A l’origine, c’est mon pote Dream Koala qui me l’a présenté puis je l’ai invité au Nordik Impact (Caen). On est rapidement devenu amis. On a le même âge et les mêmes valeurs. A l’époque, je démarrais la création de mon album et je voulais absolument que l’on fasse un titre ensemble sauf que ça ne collait pas du tout avec la direction de mon projet. Du coup, on a décidé de faire quelque chose ensemble totalement à part. C’était vraiment la récré avec lui, on s’est bien marré !

TWT : Tu as beaucoup voyagé. Comment t’inspirent tes différentes excursions ?

Superpoze : J’ai peu voyagé avant de faire de la musique. Cette année, je suis partie en Colombie et aux Etats-Unis puis en Asie pour ma tournée. C’était incroyable. Le mouvement et la déconnexion d’un monde qui t’est connu et qui t’est habituel, c’est forcément inspirant car ça te fait réfléchir sur ce que tu ne connais pas. Moi, le Vietnam et le Japon m’ont beaucoup marqué.

TWT : Tu commences à avoir des idées sur place ou une fois rentré ?

Superpoze : J’en ai tout le temps. En fait, tu en as quand ton esprit a le temps d’en avoir. C’est important de ne pas recevoir trop d’images et trop d’informations, sinon ça te laisse pas de place à la réflexion. C’est comme quand tu passe la soirée sur ton pc, le lendemain tu ne te souviens pas de tes rêves car tu as emmagasiné trop d’informations la veille. Tu as besoin d’espace libre pour pouvoir le remplir d’idées. Quand tu es en voyage tu as beaucoup d’espace libre.

TWT : C’est vital pour toi désormais de voyager ?

Superpoze : Oui car dès que je rentre, j’ai déjà envie de repartir. Le monde est très accessible maintenant, il faut en profiter. Moi, j’aimerais bien retourner en Norvège et au Japon.

TWT : Tu sors tes projets sur ton propre label ?

Superpoze : Oui, je l’ai créé avec des amis de Caen. On a sorti l’EP avec Stwo et aussi celui du projet Kuage (ndlr : son projet avec Adrien de Concrete Knives). Au début, je l’ai créé seulement pour sortir ma musique. Maintenant, notre catalogue s’étoffe et de nouvelles sorties arrivent. Mais je ne veux pas être un « boss label », je veux avant tout être musicien.

TWT : J’imagine que de nombreux labels t’ont approché ces dernières années. Pourquoi avoir choisi de rester en autoproduction ?

Superpoze : Parce que je peux faire tout et tout seul. J’ai la liberté de sortir ma musique quand je veux et c’est ce qui me plaît.

TWT : Avec Fakear, vous avez fait votre première scène ensemble avec votre groupe de rock de lycée, puis vous avez démarré le beatmaking. Tu n’as jamais eu peur que l’un empiète sur le terrain de l’autre ?

Superpoze : Avec Théo c’est vrai qu’on se connait depuis longtemps. On a fait partie de ce groupe et on a même co-animé une émission sur Radio Campus Caen. Au moment où on a commencé à faire des scènes communes, on avait déjà des influences musicales différentes. Il y a eu cette assignation parce qu’on est de la même ville. S’il y a eu un croisement de nos univers, ça a dû durer genre deux semaines ! (rires) Et puis il y a toujours eu un respect mutuel.

TWT : Il y a un peu plus de 2 ans, tu rêvais de jouer au Bikini (Toulouse) parce qu’il y avait une piscine. Quelle scène te fait rêver aujourd’hui ?

Superpoze : Exact ! J’ai pu enfin y jouer ! (rires) J’aimerais faire un live un peu spécial à Bruxelles, au Bozar Electronic Art Festival. Ils ont une programmation parfaite, hyper tournée vers l’expérimental. Sinon, il y a mille autres scènes où j’aimerais me produire ! (rires)

TWT : Aurais-tu une anecdote à propos d’un K7 audio (notre logo) ?

Superpoze : Je me souviens que j’avais enregistré un single d’Eminem, je ne me souviens plus du nom ni de l’âge que j’avais. Je me rappelle juste que j’avais passé une journée entière à écouter la radio pour pouvoir enfin enregistrer ce titre.

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le 23 février 2015

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