TheWebTape rencontre Sébastien Tellier

Tout le monde connaît Sébastien Tellier. Principalement révélé au grand public à l’occasion de l’Eurovision 2008 (même si son succès fut immédiat en 2004 avec son titre « La Ritournelle »), ce véritable OVNI de la scène française poursuit son petit bout de chemin, construisant autour de lui un véritable univers poétique et singulier. Sébastien Tellier vient d’ailleurs tout récemment de sortir « My God is Blue », son tout dernier album, qui a suscité à la fois l’admiration des fans, et quelques polémiques chez les sceptiques.

Jeudi 19 juillet, dans les loges de la Halle d’Iraty, quelques heures avant son concert au Big Festival de Biarritz, Sebastien Tellier nous a donc offert une entrevue très intéressante.

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TheWebTape : Bonjour Monsieur Tellier, ce n’est pas la peine de vous demander de vous présenter. C’est la première fois que vous jouez à Biarritz, mais que représente pour vous la côte Basque ?
Sébastien Tellier : Je suis souvent venu à Biarritz, c’est la ville dans laquelle j’ai connu pour la première fois l’amour physique, et aussi l’amour sentimental. C’est pour moi une ville très importante, je venais ici en vacances quand j’étais petit, et j’y suis allé avec mes amis étant adolescent. C’est une ville qui compte beaucoup pour moi.

TWT : Parlons de l’Eurovision. En 2008, vous participez à ce grand concours. Pouvez vous nous en dire un peu plus sur cette expérience ?
ST : C’était une soirée fantastique ! Du grand n’importe quoi, j’étais un peu partout avec ma petite voiture de golf, on avait de l’hélium dans les loges, on parlait tous comme des canards, et j’étais complètement bourré. Mais surtout on voyait en backstage tous ces barjos qui changeaient de vêtements, des costumes de malades mentaux. On me prend pour un malade mental mais là ce sont les vrais fous (rires), ceux qui ont pas compris du tout ce qui se passe sur Terre.
Je l’ai fait car c’est quand même le seul show TV musical du monde, 120 millions de spectateurs, un peu comme si j’avais fait le Super Bowl. J’ai appelé tous mes potes lorsque j’ai su que je participais à ce concours. J’étais tellement content, c’est vrai quoi, c’était une chance immense que je ne pouvais pas louper. Cela m’a donné une autre sorte de public, des jeunes filles, etc, des gens qui sont venus s’éclater sur ma musique. Même si j’ai perdu je l’ai bien fait, ça m’a ramené des gens, des gens cool.

TWT : Qu’est ce qui vous a convaincu de venir ici à Biarritz pour le Big Festival, et comment vous sentez vous quelques heures avant le début du concert ?
ST : Généralement au départ, comme là 3 heures avant, ça va très bien. Mais quand on approche de l’heure avant le concert, je commence à être vraiment très stressé. A l’Olympia je me suis pissé dessus, et souvent je vomis avant des concerts. Pour ce qui est de ma venue ici, ce qui m’a motivé c’est mon attachement à la ville. J’ai fait une chanson qui s’appelle « Roche » et qui commence par « je rêve de Biarritz en été », donc forcement, je ne peux être que là. On m’a dit que ces paroles étaient marquées sur des verres, des tee-shirts… Ici, c’est la chanson phare. C’est génial de revenir dans la ville de son enfance, de son adolescence de cette façon là.

TWT : Parlons de votre album « Sexuality », un album conçu pour le sexe. En 2012, vous faites sensation avec « My God is Blue », votre dernier album, comment êtes vous arrivé à passer de Médecin du Sexe à Gourou de la Vague Bleue ?
ST : Je change de personnage ! Entre chaque disque, je laisse un bon espace, comme là de 4 ans, pour avoir le temps de renouveler mes goûts, de découvrir plein de trucs, de retrouver des bonnes idées pertinentes. J’essaie de changer. Je change plus ou moins de caractère, de rôle.
Pendant que je faisais la promo de « Sexuality » on me parlait que de cul, de mes fantasmes, et maintenant on ne me parle que des trucs spirituels, de Dieu, etc. C’est génial, parce que c’est comme si je m’offrais plusieurs vies en une vie, je suis tantôt gourou, tantôt maître sexuel, tantôt homme politique, tantôt petit enfant. J’adore faire ça, je le ferais tout le long de ma carrière.

TWT : Et est-ce que vous avez trouvé un nouveau rôle pour votre prochain album ?
ST : Oui, parce qu’en fait j’ai écrit toute ma vie artistique quand j’avais 20 ans. Quand on a 20 ans on est encore dans cette logique de rêve, le monde, la réussite fait encore rêver. Et à l’époque j’avais écrit tous les albums que je rêvais de faire, Sexuality, My God is Blue, etc.
Bon bien sûr ils ne portaient pas les mêmes noms évidemment. J’ai toute une liste d’albums que je rêve de faire, et je suis assez fidèle finalement à tous mes rêves de quand j’avais 20 ans. Je sais ce que je vais faire, mais je ne peux pas le révéler, je compte aussi surprendre les gens, je joue beaucoup sur l’effet de surprise.

TWT : Est ce que vous pouvez nous révéler vos projets pour le reste de l’été ?
ST : Le reste de l’été, oui. Ce qui est formidable, c’est que j’ai sorti mon album au printemps, ce qui a laissé très peu de temps pour organiser les festivals de cet été, donc je fais la plupart des festivals l’été prochain, ce qui fait que là j’ai un été plutôt tranquille. Mais c’est génial parce que ça doit faire 10 ans que j’ai pas pris de vacances pendant un mois et là j’ai un mois de vacances. C’est fantastique, je vais aller en Normandie dans un premier temps, manger de la côte de bœuf, puis après, je vais aller en Suisse Italienne, chez une amie.

TWT : C’est quoi pour vous l’été parfait ?
ST : Pour moi l’été parfait c’est pas du sable, mais de l’eau. Je dirais un lac, un grand lac, un bateau, plonger du bateau, regarder les poissons, quelques magazines, et que ça sente la crème.

TWT : Donc l’endroit parfait serait le lac de Cômes, situé au Nord de l’Italie ?
ST :
Moi j’adore le lac de Garde qui est un petit peu au sud du lac de Cômes. C’est vraiment mon lac préféré. Ambiance méga luxe, très soigné. C’est là où sont nées les pires idées fascistes, c’est là où s’est installé Mussolini avant de créer son truc de taré. Il est allé s’installer là bas, dans le lieu le plus mignon de la Terre pour imaginer les idées les plus terribles qui soient. C’est cette vibe là, du taré, mais hyper soigné, hyper cool.

TWT : C’est quoi la chanson qui t’inspire, que t’écoutes en boucle en ce moment ?
ST : Julio Iglesias, « il faut toujours un perdant ». J’adore !

TWT : Question plus cinématographique maintenant, j’ai vu que vous avez participé à des films, surtout avec Quentin Dupieux (Mr Oizo). Vous êtes proches de Mr Oizo ?
ST :
Oui parce qu’il a mixé mon premier album, et quand on bosse avec quelqu’un sur un album, quand on fait du studio, c’est fusionnel, tout de suite les gens deviennent très proches. Tout de suite après on a été tourner un film, avec lui et Kavinsky comme acteur aussi, donc ça a recréé un événement hyper fort entre nous. On est restés hyper proches.

TWT : Est-ce-que vous pouvez concilier une carrière musicale et une carrière cinématographique, comme JoeyStarr, ou Quentin Dupieux ?
ST : Non, je pense que dans un sens j’ai trop de respect pour le cinéma. Quand on veut bien faire son métier, il ne faut penser qu’à ça. Moi je ne pense, je ne vis que musique.

TWT : Pour finir, vos 5 artistes préférés ?
ST : Alors, Salvador Dali, Yves St Laurent, Michael Jackson, Elvis Persley, et Mick Jagger.

TWT : Merci Sébastien pour cette entrevue.
ST :
Eh beh, merci à vous d’être passés me voir.

Crédit photos : Sarah Arnoult, Pascal Montary


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