Fakear Animal

Review : Animal – Fakear

Après de longues années d’attente, Fakear nous offre son premier album intitulé Animal. Je me rappelle encore de notre première interview « découverte » avec lui, il y a plus de deux ans maintenant. Déjà à l’époque, il avait un parcours à suivre bien en tête, une envie de prendre ses précautions et de préparer le terrain, afin de délivrer quand il sera prêt (et connu), un album qui fera office de « pépite ». Fakear n’a jamais lâché cette ligne directrice, il s’est façonné en sortant 2 EP très travaillés et pleins de promesse. Pour faire grimper sa notoriété, tester ses morceaux et profiter de son succès naissant, il a participé à bon nombre de festivals en 2015, et rempli notamment l’Olympia. Aujourd’hui, il est prêt et une véritable attente s’est créée autour de ce premier opus, sorti le 03/06.

Vue d’ensemble

Généreux, Fakear nous livre un album qui dure plus d’une heure composé de 17 tubes, dont pas moins de 13 inédits.  Chacun des ses morceaux est empreint de la patte Fakear, si unique, mélange d’electro mélodieuse (même « planante ») et d’inspirations exotiques et orientales provenant de la « world music ». Dès la première écoute de l’album dans son ensemble, on ressent une vraie cohérence entre chaque morceaux, une impression de playlist s’en dégage. Une playlist qui nous transporte loin, de l’Asie vers l’Afrique, en passant par les Amériques et l’Europe. En l’espace d’une heure on s’évade, on fait le tour du monde, et on refait cette boucle en continu sans aucune lassitude et toujours avec plaisir.

Morceau par Morceau

Tout commence tambour battant avec « Sheer-Khan », son tropical parsemé de percussions et de chant qui lui donne un aspect un peu tribal par moment.

Surprises au menu « Silver » et « Leaving Tokyo« , morceaux chantés par la talentueuse Rae Morris avec des paroles en anglais (grande nouveauté dans l’univers de Fakear), avec une vraie inspiration asiatique et des rythmes enivrants. Dans le même style, on retrouve « Light Bullets » en collaboration avec Andreya Triana, qui est de notre point de vue le seul point noir de l’album. Ici, on a le droit à un morceau moins marqué par la personnalité des beats de Fakear, avec l’apparition des lyrics. Notre imaginaire marche moins. Du coup, on perd en originalité.

Les habitués seront très vite comblés (même accrochés) par les percus entraînantes et groovy de « La belle âme », la singularité de « Le chant du monde », la passion de « De la luz », la montée crescendo et les cris de « Rise« , le piano de « Jonnhae » ou la variété des bruits de « Lessons« . Chaque titre est accompagné de petits chants entêtants, nous plongeant dans une vraie bulle d’évasion. Des sons qui comme pour ses précédents EPs risquent de sauvagement rythmer nos befores durant tout l’été. Mention spéciale pour « Mamaha » avec ses sonorités africaines assumées. Dans cette catégorie on oubliera pas bien sûr « La Lune Rousse », ses désormais célèbres « Mi-mie Mathy » ; mais aussi « Animal » qui représente très bien à lui seul l’identité du disque.

Enfin « Red Lights« , « Ankara« , « Song for Jo » ou « My own Sun » sont nos coups de cœur. Avec ces chansons, on a l’impression que Fakear franchit encore une étape et arrive à nous toucher directement. Ces dernières sont l’illustration de l’importance et de la puissance que peuvent prendre ses tubes. Plus que des chansons pour planer, créer une ambiance ou chiller, on obtient avec le beatmaker des morceaux qui, même avec des paroles incompréhensibles (et qui font marcher notre imaginaire), parviennent à nous procurer des émotions. C’est la force de l’univers de Fakear et de cet album qui représente tout le potentiel du jeune homme qui n’a pour sûr, pas fini de nous étonner.

Conclusion

Maintenant on comprend pourquoi Fakear a pris son temps pour nous confectionner Animal. Il y a deux ans, dans son interview il déclarait : « J’ai envie que les gens qui sortent de mes concert se disent : « putain ce soir j’ai été quelque part ! ». Aujourd’hui avec cet album, on n’est pas seulement allé quelque part, on a fait un tour du monde. L’artiste a encore grimpé une marche. La pépite (à quelques détails près) on la tient avec cet album. Si jamais vous ne l’avez pas encore écouté, on espère qu’on vous en a donné l’envie. Pour notre part, Fakear nous a encore mis une belle claque et on sent qu’il va nous en mettre encore quelques unes prochainement, et notamment au Zénith de Paris en novembre.

Les +

  • Une playlist cohérente qui nous transporte
  • Des morceaux entraînants comme « La belle âme« , « Mamaha » ou « Le Chant du Monde« 
  • Des coups de cœur comme « My Own Sun » ou « Song for Jo« 

Les –

  • Les morceaux avec des lyrics en anglais (notamment « Light Bullets« ) où l’univers de Fakear a tendance à perdre en singularité

Note 4,5/5

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par

le 8 juin 2016

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