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LiveReport : Erik Truffaz Quartet au Temps Machines

Il est 20h30 lorsque le public commence à faire son entrée au Temps Machines, la SMAC de Tours. Environ 200 personnes sont venues écouter Erik Truffaz Quartet. Un public pas très hétéroclite et déjà conquis mais aussi quelques curieux. La grande salle et sa jauge de 600 places ouvre ses portes, scindée en son milieu pour donner une impression de salle pleine. Les gens se dirigent vers le bar, la première partie va bientôt commencer.

21h : Les Pompiers entrent en scène. A la tête de cette brigade tourangelle on retrouve le Capitaine Secheppet (à la composition, au saxophone alto, aux machines et au chant), le Sergent chef «Canadaire »Légland (à la contrebasse et au chant), le Caporal chef Torre (à la batterie, aux accessoires et au chant), le Lieutenant Persigan (au trombone et au chant) et le Sapeur 1ère classe Cadier (au saxophone ténor et au chant) .

Chacun vêtu d’un polo de sapeur pompier, ils prennent position derrière leurs instruments respectifs avant d’ouvrir le bal.

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Un empilement de claves asymétriques soutiennent les mélodies finement composées par le Capitaine. Le timbre des cuivres n’est jamais agressif quand au (contre)basse/batterie, il se tient droit sur scène, fier comme un camion. Difficile de mettre une étiquette sur la musique des Pompiers. Ils sont allés piocher leurs influences sur différents théâtres d’intervention, se nourrissant du jazz d’abord, mais aussi des musiques du monde, des sons électroniques et même de la chanson ! Il n’aura pas fallu longtemps au public (25 minutes c’est rien) pour se laisser embarquer dans cet hommage mystique aux soldats du feu. Il ressort souriant, conquis par le jazz cinématographique et ouvert sur le monde proposé par cette compagnie déjantée.

22h : C’est au tour du quartet d’Erik Truffaz de prendre place sur la scène du Temps Machine. Il est presque inutile de préciser qu’il s’agit de grands musiciens au CV long comme le bras.

Erik Truffaz à la trompette a collaboré au fil de sa carrière avec des artistes tels que Chris Potter, Christophe, Richard Galliano ou encore la chanteuse malienne Rokia Traoré et le rappeur Oxmo Puccino qu’il a invités sur l’album qu’il défend ce soir : Doni Doni.

Le batteur suisse de 25 ans Arthur Hnatek (qui a d’ailleurs fait très forte impression ce soir) a travaillé et travaille encore avec les pianistes Tigran Hamasyan et Shai Maestro (célèbre pianiste d’Avishai Cohen). Benoit Corboz qui endosse avec brio le rôle de claviériste du groupe en 2010 (après avoir été son ingénieur du son depuis plus de 12 ans !) a coopéré quand à lui avec : The Young Gods, Françoise Hardy, Christophe, Sophie Hunger… Pour ce qui est du bassiste : Marcello Giulliani, on dit qu’ « il a joué avec tellement de monde au long de sa carrière qu’il serai plus aisé de citer les absents plutôt que de faire une liste exhaustive de son palmarès ».

Et pourtant, cette équipe de haut vol n’as pas convaincu.

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Peut être est-ce à cause du cadre. La renommée du trompettiste a voulu qu’il joue sur la « grande scène » du Temps Machine alors que, si il avait joué sur la scène dite du « club » (une scène plus basse, plus proche du public), la communion aurait pu avoir lieu et la magie aurait peut-être opéré. La faute aussi au choix de la set list. C’est comme si Truffaz avait volontairement voulu sectionner son concert en trois parties distinctes. Une première partie franchement groove, dans sa version la plus classique. Attention ça joue très bien, chacun est maître en son domaine, chacun sait ce qu’il faut faire. Mais le public a prit 20 ans. Les sons choisis aux claviers, à la basse et à la batterie ont des couleurs qui ont mal vieilli, les structures aussi.

Erik Truffaz prend la parole et se rappelle de son concert dans les années ’90 au Petit Faucheux, célèbre club de Jazz. Ce soir-là, le public avait sur-ment fait comme celui du mercredi 4 mai 2016 au Temps Machines : applaudir à la fin de chaque solo.

Truffaz

Il faut attendre la moitié du concert pour entendre enfin du Erik Truffaz ,le Truffaz ou la trompette est électrifiée à l’aide de ses célèbres pédales d’effets, emmenant le public dans une atmosphère très épurée, presque chaleureuse. L’introduction qu’il joue au début du sixième morceau est une vraie réussite et pourtant il n’y a presque rien ! Deux trois boucles de trompettes atterrissent tranquillement, rejointes par quelques notes de basse, rondes et douces, comme un soutien.

Mais la magie ne dure qu’un temps et on ne peut pas dire qu’il y ait une grande interaction ni entre les musiciens, ni avec le public.

Erik Truffaz, même souriant, reste avare en parole, explique très peu. Un calme presque soporifique. Personne ne lui en voudra. Le public qui est venu le voir ce soir est un public qui l’aime et qui se satisfait de cette ambiance si particulière. Il rappellera généreusement le Quartet pour une dernière session groove dont il est friand.

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le 11 mai 2016

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