hellfest 2016

Live report : Hellfest – Jour 3

Fallujah

 Aurélien : Après une nuit mouvementée à aller me balader de campement en campement avec des camarades, et ce dans la joie et la bonne humeur (toujours !), le réveil se fit tout en douceur en cette matinée du troisième et dernier jour, avec petite bière et saucisson au programme. Devant malheureusement louper Municipal Waste grâce à notre départ sans pression du camping, Fallujah était cependant là pour nous en mettre plein la vue sous l’Altar ! Dégainant un Death Metal brutal et atmosphérique, les américains réussirent rapidement à foutre le bordel en fosse, et ce grâce à des pickings violents sur fond de double pédale et des riffings très techniques accompagnés de blast beats. Le clavier venait parfois adoucir l’atmosphère, comme ils savent très bien le faire sur CD, et notamment sur Sapphire, la dernière musique du set. Beau à contempler et bien marrant pour du pogo, Fallujah était la claque de ce début de journée !

David : Réveil en douceur après une douce nuit ponctuée « d’APEROOOOO » ou autres chants subtiles, on se décide malheureusement à abandonner l’idée de voir Municipal Waste dans le moshpit. Il fallait prendre des forces avant cette grosse dernière journée chargée ! C’est avec Aurélien que nous nous dirigeons  avec entrain sous la Altar pour le Death technique de Fallujah. En compagnie de 2 pichets frais, je reste au niveau de la régie pendant que mon coéquipier ira se fritter dans la fosse, affublé de son fameux déguisement Salamèche. Tout comme mon pichet de rhum, plus le show de Fallujah se déroulait, plus l’ivresse se faisait sentir. Les américains proposent un habile mélange de Death Brutal Technique avec de grandes plages atmosphériques se mariant très bien. Cependant, je ne trouvais pas le son assez précis pour comprendre toute la richesse des compositions, me donnant envie de revoir Fallujah en salle, dans de bonnes conditions sonores. En attendant, les trois premiers albums sortis, dont le dernier Dreamless, me serviront d’exutoires.

Unsane

Aurélien : Après que nous ayons été rapidement voir King Dude et leur musique sombre pas des plus convaincantes, nous partîmes manger, avant de nous positionner sous la Valley pour le Noise Rock énervé d’Unsane. Devant partir pour une interview d’Acyl avant le début du set, je pus revenir par la suite et écouter la fin du show des américains : une musique énergique, faisant bouger la tête et fort bien portée par un groupe qui se dépense sur scène et qui donne la joie de vivre. Une belle surprise mais qui ne me plaira certainement moins sur CD. 

David : On se dirige sous la Valley armée de pichets de bières, King Dude est sur scène mais ne nous interpelle pas trop tant la musique du combo est trop atmosphérico folklo dodo. C’était Unsane qui m’intéressait, j’avais réussi à convaincre notre bande que les américains produisaient une musique rageuse qu’il ne fallait pas louper ! Il y a des éléments de Post Hardcore chez Unsane, proposant une discographie très cohérente aux accents Noisy et une atmosphère reconnaissable. C’est sombre, rageur mais très groovy, preuve en est, l’album Visqueen, véritable chef d’œuvre du genre. C’est d’ailleurs lorsque j’entendis quelques titres live de cette pépite, dont l’opening Against The Grain, qu’Unsane paraissait tellement intéressant en live ! L’exécution paraît simple mais on ressentait la sincérité du groupe sur scène pour délivrer leur bile, rajoutant une sacrée dose d’énergie dans leur prestation. Dommage que l’on a décollé avant la fin du set, ne voulant pas rater le début du show de nos frenchies préférés. Je reste d’autant plus attristé d’avoir quitté la Valley avant la fin, Unsane étant plutôt en fin de carrière de ce que j’ai pu comprendre !

Gojira

Aurélien : Nous vîmes sur les écrans géants la guerre que c’était dans la fosse, cependant il fut difficile pour nous de nous approcher de la Mainstage 1 tant il y avait de monde. Mais l’ambiance était là, même loin de la scène : nos petits protégés français étaient très attendus ! Le public chantait à côté de nous tandis que les grosses chansons du groupe s’accumulaient : Silvera (celle que j’attendais !), Stranded, Vacuity, L’Enfant Sauvage, Flying Whales… N’étant pas fan du groupe, je voulais les connaître en live et ce fut chose faite ! L’énergie qu’ils dégagent et la puissance de leur son est indiscutable, même si l’on n’aime pas trop ! Un bon moment passé à découvrir ce groupe tandis que ce bon vieux David était tout émoustillé de pouvoir avoir l’opportunité de chanter sur ses titres préférés !

David : Vu qu’à moitié une semaine auparavant au Download, je ne pouvais pas encore rater une prestation complète de Gojira, surtout avant la sortie officielle de leur dernière offrande Magma. Premier constat, même en arrivant un peu en avance, la Mainstage 1 était déjà envahit, noire de monde, ce qui nous obligea à nous placer plutôt loin pour profiter un minimum. En un mot, j’ai trouvé le show très bien calibré, très pro mais sans trop de surprises. Pour un set d’une heure, il y avait trop de passages « atmosphériques » au détriment de titres plus calibrés pour le live malgré des fosses immenses pour honorer les basques. Ne vous inquiétez pas, cela ne m’a tout de même pas empêcher de « kiffer ma race » tant je suis fan du groupe mais j’attendrais une date en tournée pour en profiter pleinement.

Walls Of Jericho

Aurélien : Après les français de Gojira, il était temps d’aller en un endroit que je n’avais pas encore foulé depuis le début du festival : le Metal Market ! T-shirts, hoodies, cornes à boire, bijoux, colliers, CDs, vinyles, goodies… Il y avait de quoi satisfaire le métalleux que je suis en cet endroit, et je partis en profiter, flânant sur tous les stands pour trouver un petit truc à acheter. J’optais finalement pour un T-Shirt d’Aborted, que je voulais depuis longtemps, et un T-Shirt autrement plus mignon pour ma copine. Mon collègue David était déjà plus porté sur les vinyles. Après ces petites courses, il nous fallait manger un morceau devant la Warzone afin d’être prêts pour Walls Of Jericho et leur set Hardcore. C’est ce que nous attendions : un beau bordel ! Entre circle pits, moshs et autres slams, le public se faisait plaisir, tout comme le groupe et leur fameuse meneuse, la « frappadingue » Candace Kucsulain. Un groupe qui donne envie de se défoncer pour eux, les américains courant et sautant partout sur scène ! Une manière de se dépenser absolument parfaite, d’autant plus qu’Heaven Shall Burn m’attendait dans la foulée.

David : Deuxième détour à l’Extreme Market avec les amis, ma première rafle était composée de 2 vinyles (Baroness, Mars Red Sky) et 2 t-shirts (Opeth, Agalloch). Les tentations étaient très fortes à cette deuxième visite mais faute de stock, je repartirais seulement avec un autre vinyle de Death (Spiritual Healing). Mon compte en banque m’en remercie d’avance.

Bref, il fallait bien encore se frotter à la Warzone pour Walls of Jericho, qui ont tendance à transformer les fosses du Hellfest en joyeux moshpit et circle pit, avec un public complètement déchainé et acquis à la cause de son excellente frontwoman, Candace Puopolo. Il faut dire que son charisme et sa bonne humeur ont tendance à tout le temps faire chavirer les concerts des Walls, cette édition 2016 du Hellfest n’échappant évidemment pas à la règle. Pendant qu’une partie de nos amis ont pris la décision d’aller se frotter à la fosse ayant au préalable vérifier la validité de leur assurance maladie, je restais au niveau des escaliers avec d’autres amis pour observer le retournement de la fosse. Grosse surprise, l’endroit où nous étions étaient tout aussi agité qu’en fosse, les copeaux de bois parsèment les escaliers de la Warzone ayant servis de confettis pendant tout le show. C’était un très très joyeux bordel où tout le monde se balançait des copeaux de bois à la tronche, faisait des circle pit, moshait dans la joie et la bonne humeur jusqu’à la fin du show. Dantesque, encore une show où Walls of Jericho a tout écrabouillé sur son passage, emportant son public dans une vague de gros bordel festif comme on les aime !

Heaven Shall Burn

Aurélien : LE groupe que j’attendais pour cette dernière soirée (snif…) ! Tandis que mes potes restaient devant les Mainstage afin d’assister au show de Ghost, je partais à la guerre, au milieu des obus et des tirs, en plein cœur du no man’s land créé à chacun des concerts des allemands d’Heaven Shall Burn. Le groupe arrive sur scène, quelques notes aériennes lancent Hunters Will Be Hunted et c’est parti dès la première accélération. La fosse n’attend pas et y va de bon coeur tandis que les musiques s’enchaînent : Counterweight et Combat avec leurs pogos dévastateurs, Endzeit et son Wall Of Death monstrueux, The Disease et son éternel circle pit géant, Voice Of The Voiceless et ses mains levées en l’air durant ses quelques leads mélodiques… Bref, on est passé par tous les états sur Heaven Shall Burn ! Un show sur lequel il fallait tout donner, la fin du festival s’approchant (et re-snif !).

Megadeth 

David : Le temps de se remettre de nos émotions de la Warzone, direction les Mainstage pour se délecter du Thrash mélodique de Megadeth, Dave Mustaine continuant son bonhomme de chemin en parallèle de Metallica. Tout en pourfendant la foule pour arriver plus proche de la Mainstage 02 où allait se produire Ghost, on chante a tue tête LA balade du groupe « A tout le monde », kitsch mais terriblement efficace ! Etant grand fan du sublissime album Rust In Peace dont il n’y a rien à jeter, j’attendais des titres issus de cet album. Malheureusement, il y en avait déjà plus tôt mais on était déjà à la fin du set, pas de Rust In Peace mais des bons gros hits du groupe tels que Symphony of Destruction ou Peace Sells pour donner de la voix et se retrouver à faire du air guitar. Parfait !

Ghost

David : A la base, je voulais voir autre chose que Ghost à ce Hellfest 2016 car j’avais déjà vu différents Papa Emeritus et ses ghoules, à trois autres occasions dont le Download. Cependant, je voulais faire découvrir le groupe en live aux potes et puis il y a une attraction naturelle vers le groupe qui m’appelle à chaque fois que je peux les voir. Serais-je ensorcelé ?
Il faut croire car pendant tout le set, je n’en pouvais plus de m’égosiller les cordes vocales à force de reconnaître pratiquement tous les refrains et profitant d’une mise en scène toujours aussi cohérente avec l’imagerie et l’univers du groupe. C’était plus grandiloquent et grand guignol qu’au Download par comparaison, Ghost invitant une dizaine de jeunes femmes dressées en nones, afin de faire profiter les premiers rangs d’un breuvage sûrement belliqueux. Pour la dernière, on a même eu le droit à un jeté de capotes vers les premiers rangs, en plus d’un chœur d’enfants sur « Monstrance Clock » avec un feu d’artifices en prime. Excusez du peu ! Papa Emeritus III est toujours charismatique et bavard en live, avec une sorte d’humour anglais et une nonchalance qui lui sied à merveille. Petite déception, Ritual avait disparue de la setlist, à mon grand désarroi.

Black Sabbath

David : Que dire, qu’il y a t-il de plus mythique que de voir les pères fondateurs du Metal en live ? Black Sabbath est une véritable institution dans le milieu, ayant à leur actif des albums fondateurs, des titres connus de tous mais surtout toujours d’actualités. Ce n’était pas ma première fois avec la bande à Ozzy Osbourne même si pour cette fois, nous n’étions pas mal placés avec mes amis, histoire d’être objectif. Commençons d’emblée par ce qui fâche : oui, Ozzy est fatigué, il n’arrive plus à chanter correctement certains passages, marmonnant plus qu’à l’accoutumée mais ça reste tout de même audible et appréciable par rapport à sa prestation de 2014. Tony Iommi étant toujours l’excellente base rythmique du groupe, géniteur d’un nombre inconsidérables de riffs et solos mythiques.A travers les écrans, on pouvait se délecter d’effets psychédéliques (parfois indigestes) et parfois de quelques images du groupe dans sa jeunesse. Malgré deux ou trois titres un peu en deçà, la setlist proposée ce soir était parfaite pour les fans des premiers albums de Black Sabbath avec les monuments que sont Into The Void, Warpigs, Iron Man, Children of the Grave ou encore Paranoid en guise de rappel. J’ai personnellement eu un orgasme au début de N.I.B. et son solo de basse que j’ai enfin pu voir en live !
Ce show était une véritable machine à remonter le temps pour tous les fans de Metal et de  la période 70’s, très agréable malgré un classicisme scénique évident pour ceux les ayant déjà vu sur ces dernières années. Black Sabbath est mort, vive Black Sabbath !

King Diamond

David : C’est avec grande curiosité que j’allais voir seul ce dernier concert Hellfest 2016 avec le légendaire King Diamond qui est très rare à voir en live. Précurseur du corpse painting « à la Kiss », King Diamond impressionne aussi et surtout par sa performance vocale qui va chercher (très) loin dans les aiguës. Aussi connu pour Mercyful Fate, King Diamond nous fera l’honneur de jouer l’intégralité du concept album Abigail alliant très bon heavy metal avec une ambiance particulière, tirée des films d’horreur/épouvante. C’est avec une scénographie imposante que le charismatique King Diamond fait son entrée, prouvant d’emblée qu’il possède un organe hors norme. Les musiciens ne sont pas en reste, l’ensemble du groupe étant au diapason d’un bon son et d’un spectacle bien orchestré. J’ai passé un très bon moment à bouger la tête sur de bons riffs, admirer la sublime voix du Danois et regarder le déroulement du spectacle au fil des retournements de situations scéniques mais j’ai parfois trouver certains moments trop « cheap », des accessoires manquant de crédibilité comme la poupée que le King va pourfendre avec sa lame. Cela dit, j’ai beaucoup rigolé face à ce côté kitsch de la mise en scène qui doit être assumée mais enlève un côté sombre à la prestation. A titre de comparaison, dans le registre « spectacle grand guignol », les prestations d’Alice Cooper en live sont absolument à voir tant les moyens sont grands et de qualités !

Deicide 

Aurélien : C’est devant l’écran géant de la Temple que je décidais de suivre les deathsters sataniques de Deicide, totalement éreinté par le show de Heaven Shall Burn. Malgré la fatigue, je suivis chaque titre dégainé par Glen Benton et sa bande, avec notamment Jack Owens à la guitare, un ancien de Cannibal Corpse. Les chansons étaient efficaces, prenantes malgré leur rapidité et le bourrinage intempestif de la batterie. Deicide effectua un show carré, où chaque musique était un hommage au Death Metal dans ce qu’il a de meilleur : brutal, puissant et rapide. Leur set fut sec et bref, tout comme leur sortie, avec un « Thank You ! » lancé sans fioritures au public avant que les membres du groupe ne partent de la scène dans la foulée. Le dernier concert du Hellfest 2016 venait de se conclure et, ayant retrouvé David juste après Deicide, il nous fallait à présent repartir vers notre campement pour un dernier apéro, une dernière nuit dans l’ambiance surchauffée du camping et enfin le tant redouté retour à la civilisation, empli de mélancolie et de nostalgie à l’heure où nous voyons les installations du festival s’éloigner peu à peu de notre champ de vision… À l’année prochaine !

Encore une bien belle édition qui s’achève. On pensait et on avait peur que le Hellfest 2016 allait se dérouler sous la pluie mais à part quelques averses, le ciel de Clisson a été clément avec ses dévots. Le Hellfest s’impose comme l’un des plus grands festivals de Metal au monde, prenant en compte chaque année les remarques de ses festivaliers. Cette édition 2016 aura fait un énorme travail sur la Warzone qui en plus d’être bien plus accessible que les années précédentes, se dote d’une superbe mise en scène  façon camps de prisonniers avec ses barbelés, s’illuminant de mille flammes le soir venu. Très bonne idée que sont les tribunes pour profiter de la scène au loin et des copeaux de bois pour boire le liquide déversé. Point d’orgue de cette refonte scénographique de la Warzone, la statue géante de Lemmy surplombant la butte et les stands de restauration.
On retiendra aussi une programmation toujours plus éclectique et équilibrée, profitant de grosses têtes d’affiches sur les Mainstage, de groupes plus underground sur les tentes ou de quelques surprises made in Hellfest et Ben Barbaud comme Ludwig Von 88 ou encore Gutterdämmeorung pour cette année 2016. On ne passera pas sous silence le bel hommage au regretté Lemmy de Motorhead, un hommage sous forme de feux d’artifices dans un premier temps, suivi d’une retrospective photos et d’une partie du concert de Motorhead au Hellfest 2015. Pendant 45 mns, le Hellfest 2016 rendait un vibrant hommage à une légende, qui trônera toujours fièrement sur le Hellfest avec la statue immense et fidèle qui lui a été destinée.

Encore merci aux personnes qui ont rendu possible cette édition 2016 et cette nouvelle aventure en terres clissonnaises, on se retrouvera sûrement en 2017 pour une un cru que l’on espère toujours aussi savoureux en compagnie du diable !

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le 4 juillet 2016

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