Hellfest 2016

Live Report : Hellfest – Premier jour en enfer

Arrivée du jeudi

Après un voyage en voiture d’environ quatre heures et au cours duquel la musique battait son plein sous les coups de Metallica, Melechesh et autres Exodus, nous voici arrivés aux abords de Clisson, coincés dans une file interminable de véhicules prêts à investir le célèbre festival de l’enfer français. Deux heures de patience plus tard, le tout en musique (bien sûr !), nous nous garons enfin dans un gigantesque parking prévu pour l’occasion avant de nous mettre en marche en direction du Hellfest, harnachés de nos précieux bagages de survie. Le temps de prendre nos bracelets Presse et de nous diriger vers le camping, voilà que l’ambiance du premier soir du festival nous arrive en pleine figure, mêlée de rires, de joie et de bonne humeur : les festivaliers n’ont pas attendu pour mettre l’ambiance !

Une fois nos amis enfin trouvés sur le Yellow Camp et nos tentes plantées, les discussions et les chants criés à gorge déployée allèrent bon train, nous faisant même partager un bon moment avec nos chers voisins de camping ! Malgré l’heure qui passait rapidement, certains d’entre nous purent aller retrouver d’autres compagnons de guerre pas très loin afin d’y aller de leur petite balade sur le camping déjà bien au complet, avant de finalement aller se reposer pour une première journée qui s’avérerait déjà riche en émotions !

Delain

Aurélien : Après un réveil des plus rugueux et un petit apéro bien sympathique de bon matin, il était temps d’aller visiter l’espace VIP du festival avant de pouvoir aller fureter du côté de Delain, prévu sur la Mainstage 1. Un rapide coup d’œil au bar VIP et à la tente réservée aux journalistes et prévue pour accueillir les loges d’interviews et la salle de conférence de presse, et nous voici déjà devant la Mainstage 1 à profiter des quatre derniers titres du groupe de Metal Symphonique hollandais. Etant fan du groupe, je fus bien entendu très satisfait de pouvoir entendre de nouveau la bande à Charlotte Wessels user de leurs belles mélodies afin de nous faire débuter cette première journée de la plus douce des manières !

David : N’étant pas fan de Metal Sympho, Delain n’était pas ma came. J’accompagnais mon acolyte Aurélien avant Dust Bolt mais je dois avouer que la chanteuse est plutôt charmante et a de sérieux atouts.

Dust Bolt

Aurélien : Trêve de plaisanteries ! Il était temps de bouger sérieusement à l’Altar devant les teutons enragés de Dust Bolt et leur Thrash Metal des plus énervées ! Je ne fus pas déçu : le groupe avait une super pêche, notamment avec un chanteur guitariste qui assurait presque le show à lui tout seul, et les titres s’enchaînaient avec rapidité. En un mot : puissant, énergique et redoutable ! La bonne humeur était de rigueur dans la fosse ! Dommage cependant que les allemands n’aient pas pu interpréter leur hit Soul Erazor.

David : Premier (vrai) concert de la journée avec les Thrasheux Allemands de Dust Bolt déjà vu en première partie d’Obituary au Divan du Monde si mes souvenirs sont bons, j’avais vraiment hâte. J’ai beaucoup d’affection pour ce groupe qui m’avait impressionné, autant par leurs compos que par la sympathie qu’ils dégagent sur scène. Ce rendez-vous sous la Altar n’a pas dérogé à cette règle, beaucoup d’énergie, de bonnes ondes et déjà des circle pit bon enfant qui font rage. A souligner que Lenny Breuss, chanteur de Dust Bolt, est un formidable leader et un guitariste hors pair. Il possède également un bon growl qui complète idéalement sa voix aiguë Trash, bref une très bonne entrée en matière pour ce vendredi.

ndlr : C’est vrai qu’avec Aurélien, nous avons un peu été déçus qu’ils n’aient pas joué leur tube intitulé Soul Erazor. Ce n’est que partie remise amis thrasheux !

Solefald

Aurélien : Après s’être bien dépensés, rien de tel que de nous diriger vers l’espace VIP afin de déguster le tout premier repas du Hellfest ! Un bon petit Bag’Hell (admirez le jeu de mot !) et croque-monsieur plus tard, nous replongeons de nouveau dans la horde de festivaliers toujours plus nombreuse à investir le festival au fur et à mesure que la journée passe. Mon camarade souhaitant découvrir sous la Temple ce surprenant groupe norvégien qu’est Solefald et leurs atmosphères toutes plus fascinantes les unes que les autres, nous nous dirigeons donc vers la scène pour un show tout en douceur, bien positionnés pour le spectacle. Tout en accueillant un peintre sur scène exécutant une œuvre pour les norvégiens, ces derniers firent un set très aérien, à la brutalité contrôlée et aux ambiances étranges mais réellement plaisantes à voir.

David : Premier groupe expérimental où j’ai pu trainé mon acolyte, Solefald est un ovni dans le paysage Metal. Ces Norvégiens est un mélange de Metal Progressive et Avant-Gardiste qui n’hésite pas à mélanger du Black Metal et des touches électro qui font lever les bras en l’air. Solefald a même définit son style de « World Metal » lors de ce Hellfest, un terme qui leur sied à merveille, retrouvable en tant que titre d’un album du groupe. C’est avec leur peintre attitré que les Norvégiens étaient accompagnés, pour une oeuvre subtile représentant un cheval noir. Cela dit en passant, nous avons eu l’occasion de remercier le chanteur principal et son peintre au coin presse qui passaient par là, accompagnés par la peinture de l’équidé encore fraîche !
On vous laisse avec le titre World Music with Black Edges joué au Hellfest, définissant bien le style Solefald aux accents électroniques étonnants par moment.

Hatebreed

Aurélien : Après le concert de Solefald, des courses s’imposaient au vu d’un petit creux situé dans notre running order. Une escapade qui fut finalement ralentie par la rencontre de plusieurs camarades sur le chemin. Après moult discussions, le E.Leclerc de Clisson nous était grand ouvert pour un rechargement en bières et boustifaille, sans que nous loupions quelques minutes du groupe qui jouait de ses instruments sur la petite scène installée devant le magasin. Nous restâmes un temps au camping, à discuter et à profiter de la musique qui sortait violemment de nos enceintes portables, buvant et mangeant. Jusqu’à se bouger pour Hatebreed, l’un des ténors de la scène Hardcore américaine ! Plongés dans la fosse de la Mainstage 2 avec la masse de potes, la puissance destructrice du son qui s’offrait à nous était tout simplement jouissive ! On sautait, on se bousculait (gentiment !), on s’attrapait par les épaules, on criait… Bref, Jamey Jasta et sa bande ont assuré un show d’enfer, servi d’autant plus par un son claquant et dévastateur.

David : Après une pause pour se restaurer et l’achat de victuailles pour le camping, il fallait dépenser autre chose que de l’argent. Direction la Mainstage 2 pour Hatebreed qu’on le ne présente plus pour profiter de moshpit dantesque. La pluie s’est invitée au show des américains pour rafraîchir son public qui était en transe, pogotant dans les circle pit caractérisant le genre Hardcore/Metal. Mention particulière au titre Destroy Everything qui n’aura jamais bien autant porté son nom, tant la fosse était en délire. Big up à une scène que l’on a vu, où les secouristes ont attendu qu’un festivalier termine son petit pissou pour contrôler son intégrité physique. Ce dernier semblait avoir le nez pété, du sang plein le visage et le t-shirt mais abordait un large sourire qui résume bien l’ambiance bon enfant d’un show de Hatebreed malgré les bobos qui peuvent en résulter.

Korpiklaani

Aurélien : Après avoir perdus toutes nos forces dans la bataille d’Hatebreed, nous eûmes tout de même le courage de se positionner devant l’écran géant de la Temple afin d’assister par curiosité aux dernières trente minutes du show des folkeux festifs de Korpiklaani. Que dire, sinon que Korpiklaani joue du Korpiklaani ! Des hits comme Vodka ou Beer Beer font toujours plaisir à entendre, et la fosse était une fois de plus en fusion ! Un groupe sobre et efficace, qui assure encore une fois le travail sans être véritablement transcendants sur le jeu de scène, les membres du groupe n’étant pour la plupart pas très expressifs face au public.

David : Encore chaud du concert d’Hatebreed, on se dirige vers la Temple pour le show des folkeux de Korpiklaani mais nous faisons face à un raz-de-marée de festivaliers qui nous obligea à rester en dehors de la tente pour assister à une partie du concert devant l’écran au loin. Comme l’a très bien dit Aurélien, Korpiklaani fait du Korpiklaani, un show festif enchainant les hits à la gloire de l’alcool et la fête. L’ambiance semblait au rendez-vous sous la Temple malgré un rapport assez froid du groupe qui se contentant de jouer ses titres phares comme Happy Little Boozer. Pour ma part, il était temps de me placer sous la Valley pour voir les mythiques français Magma.

Magma

David : Tout simplement ma plus grosse claque de cette édition ! Aux côtés de Ludwig Von 88, Magma se plaçait comme un ovni sur ce Hellfest 2016, Ben Barbaud aimant programmer des groupes atypiques pour promouvoir l’éclectisme. Magma a délivré environ 3 titres de 20 minutes qui, avec son Jazz progressif qualifié de « zeuhl » et sa langue inventée le « kobaïen« , a fait plané toute la Valley. J’étais dans un univers parallèle musical, un véritable trou noir qui met son auditeur dans une transe que je n’avais jamais connue. Il est peut être difficile de rentrer dans l’univers atypique de Magma aux premiers abords mais une fois la porte ouverte, on ne peut pas en ressortir indemne. Christian Vander est probablement l’un des meilleurs batteurs de Jazz, véritable chef d’orchestre d’une formation au diapason, accompagnée de deux chanteuses faisant office de véritables déesses musicales. Telles des sirènes, leurs chants vous envoutent pour vous transporter vers une terre foulée par peu de personnes qui seront hypnotisées par le génie musical de Magma. Merci à eux et à leur créativité sans égale !

Aura Noir

David : Encore une claque inattendue avec le Black/Thrash d’Aura Noir car j’avais écouté les norvégiens en album mais je n’en avais plus souvenir au moment de me diriger vers la Temple. C’était donc une grosse découverte live pour ma part et d’emblée, le son était massif et puissant lorsque les joyeux lurons d’Aura Noir ont commencé leur set. Pendant toute la durée du show, j’avais l’impression d’entendre un Sepultura des débuts, enchainant les riffs ultra efficaces qui faisaient headbanger le public déjà approuvé par cette journée mais totalement conquis par la folie de ce concert. A peine le temps de me remettre de mes émotions, je me dirige sous la Valley pour me confronter à l’expérience Sunn O))).

Rammstein

Aurélien : Après un repas du soir rapidement avalé, il nous fallait nous placer judicieusement pour l’un des groupes les plus attendus de cette édition : Rammstein ! Les teutons allaient nous promettre un show d’enfer durant toute une heure et demie. Tandis que je laissais mes potes se rapprocher tout en restant derrière afin d’être sûr de me poster idéalement pour Abbath qui jouait ultérieurement, je regardais les allemands commencer leur show sur Ramm 4 et ses forts accents Electro. Comme toujours, les compositions s’enchainaient pour le groupe, où riffs martiaux et vocaux puissants étaient de mise ! J’attendais de pied ferme le hit Feuer Frei! et je ne fus pas déçu lorsque les allemands se mirent à souffler des langues de feu durant la chanson, notamment sur les passages les plus martiaux de la chanson. Un groupe qu’il ne me fallait louper sous aucun prétexte, profitant bien du son avec ma voisine du moment, tout aussi plongée dans la musique que moi ! Mais il fallait déjà se diriger en direction de la Temple afin de se placer pour Abbath !

Testament

Aurélien : Pas étonnant que Rammstein ait attiré plus de la moitié des festivaliers présents sur le lieu du festival ! Il n’y avait donc pas grand-monde pour assister au show des thrasheux américains de Testament et de leur leader Chuck Billy, à la voix toujours aussi puissante dans ce registre. Voyant peu de personnes devant Abbath, je décidais de rester assister à Testament, headbangant et montrant du poing et des cornes en direction de la scène. Certains vieux briscards du Thrash Metal (légèrement) alcoolisés étaient avec moi, malgré un son qui finalement n’était pas assez à la hauteur d’un groupe tel que Testament ! Dommage ! D’autant plus que le fameux titre More Than Meets The Eye était parfaitement bien situé à la fin du show pour mieux enfoncer le clou. Vraiment dommage que le son n’est pas été plus soigné que ça ! Cela me faisait néanmoins plaisir de revoir un groupe très sympathique à voir sur scène !

Sunn O)))

David : J’allais sous la Valley non sans appréhension tant la formation de Sunn O))) a la réputation de ne laisser personne indemne lors de leurs shows. A présent, je peux vous dire que Sunn n’usurpe pas sa notoriété d’être l’un des groupes jouant le plus fort au monde, du moins, lorsqu’on vit l’un de leur concert, tant les infrabasses sont violentes. Formation la plus reconnue du genre Drone, la formation américaine composée des stars Greg Anderson (Goatsnake, Burning Witch…) et Stephen O’Malley (Æthenor, Burning Witch…) est une véritable expérience live. Malheureusement, petite nature que je suis, je n’ai pas pu tenir plus de 20 minutes de la prestation tant les basses étaient trop violentes pour mon corps, étant la limite du vomissement. Je voyais les gens autour de moi se regarder, s’échanger des regards et des signes pour se dire « toi aussi, tu ressens la violence de ces basses dans ton corps ?!?). On pouvait sentir le sol trembler et ses organes internes se crispés. Dommage, je retenterai l’expérience Sunn O))) une autre fois, avec des protections auditives plus adaptées. Un véritable rituel pour métalleux de l’extrême, une messe noire qui n’a que pour seul sacrifice que les tympans de ses adeptes (rien que ça !). LA baffe du festoche pour les personnes accrochées.

Abbath

Aurélien : Il était temps de profiter du dernier concert de cette éprouvante première journée ! Abbath, ancien guitariste du mythique Immortal, faisait son show et il était hors de question de louper ça ! Malgré une bouillie sonore sur les deux premiers titres, étouffant notamment la batterie, les réglages s’effectuèrent et Abbath put enchaîner avec violence l’ensemble de ses titres, dont deux tirés de la discographie d’Immortal : le mid-tempo Tyrants et le destructeur One By One ! Absolument jouissif ! Les mimiques d’Abbath étaient également de la partie, ce dernier se déplaçant le long de la scène en pingouin comme il savait si bien le faire dans Immortal ! Toujours aussi fun à voir ! Pourtant, un autre problème intervint en deuxième partie de show, obligeant Abbath à jouer avec le micro et à nous faire chanter : une coupure de son momentanée qui se répéta deux fois mais qui n’entama ni la motivation du groupe ni la nôtre ! Le temps de voir passer le gaillard devant le public à la fin du show afin de nous saluer et il me fallait dès à présent repartir vers le camping, des souvenirs de cette première journée plein la tête ! Un deuxième jour m’attendait déjà !

Kvelertak

David : Attention, deuxième grosse claque orgasmique de cette journée, les norvégiens (décidément !) de Kvelertak ont un charisme de dingue sur scène ! Le chanteur Erlend Hjelvik est un monstre de charisme du scène, un vrai viking chef de meute qui a la particularité d’arborer un jolie masque de hibou sur scène en début de show. Kvelertak, c’est un savant mélange de Hardcore Punk pour l’énergie dégagée sur scène avec la voix Black de son chanteur, et des riffs Hard Rock/Heavy des musiciens, pour un résultat détonnant d’efficacité ! La Warzone était en furie pour ce dernier concert de ce premier jour, Kvelertak enchaînant ses tubes uniquement chantés en norvégien pour rappel, tels que les très efficaces Mjød et Ulvetid ou encore Åpenbaring. A voir et à revoir sans modération.

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le 23 juin 2016

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