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Live report: BIG Festival – BIG Live 2

Samedi 16 juillet, c’était la fin du BIG. Avec son lot de spectateurs frileux, de fans de la première heure, de tubes planétaires, de BIG beats, de shows. Le tout sous un soleil toujours aussi éclatant : véritable constante de cette huitième édition. Seul bémol à cette soirée, l’attente insoutenable aux stands nourriture. 1h30 en tout pour pouvoir commander quelque chose à manger, privant certains festivaliers affamés de concert. Et à 65€ la place ce soir-là, il y a de quoi rester sur sa faim. Coup de projecteur sur tout ce qui s’est produit entre 18h et minuit – et même au-delà -, à la lumière d’effets indésirables et des faits désirés. Clap de fin.

Feu!Chatterton

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19h15. Entrée en scène au bon vieux son vintage d’Ophélie. Arthur en tête, cheveu plaqué, regard perçant, moustache d’un autre temps assure les présentations. « Nous sommes les Feu! Chatterton. Incandescents cadavres pour vous servir ! ». Voix rauque, diction impeccable, phrasé soigné : les initiés savent, tandis que les novices découvrent celui par qui la lumière rejaillit au milieu du quintet étincelant.

 Fou à lier nous fait immédiatement découvrir Clément et Séb, les deux guitaristes orfèvres qui se renvoient coup pour coup à l’occasion de riffs complémentaires. Avant la première intervention de prose improvisée : « La plage est un peu loin, on va y aller nonchalamment […]» S’installe dès lors le perpétuel jeu de devinettes : à quel titre font référence chacune des apartés ? Nouveaux indices : « L’eau d’en bas qui nous submerge […] », « […] l’avant d’un très grand bateau ». Pas de doute : c’est le Côte Concorde , référence au naufrage du Costa Concordia en 2012.

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Arthur, le ton solennel, introduit ensuite La Mort dans la Pinède  évoquant la Côte d’Azur et le célèbre bord de mer niçois : « On l’a pas décidé comme ça. On va la transformer en une grande promenade d’amour [la Promenade des Anglais, ndlr]. C’est l’amour ensemble dans la pinède. »  Après quoi la formation décide de prendre de la hauteur « sur un très grand avion aux grandes oreilles […] ». « Boeing, Boeing, Boeing, Boeing…» martèle Arthur.

Fin du voyage côté Andalousie : la setlist se clôt sur le rock débridé de La Malinche . Le pont fait son effet : à la reprise, le public commence enfin à se dérider. L’ « outro » du duo Séb/Clém parachève l’exaltant travail de sape. Trop tard. Cinq étoiles ont plié bagage.

Casseurs Flowters 

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Changement radical d’ambiance, lorsque les Casseurs Flowters débarquent sur scène. Vêtus de noir, baskets aux pieds, casquette pour Orelsan, bonnet pour Gringe. Ils démarrent en trombe avec le titre Fais les backs  sur le beat de Skred et DJ Pone. Pour pousser le volume, ils sont très forts. L’ambiance est au rendez-vous dès la première chanson et le rythme ne faiblit pas. Les titres s’enchaînent comme le délirant Regarde comme il fait beau, récit d’une jeunesse qui reste enfermée toute la journée et qui ne fait rien. Ces deux-là narrent la procrastination comme personne et filment avec leurs smartphones en guise d’illustration.  Inachevés  se termine a cappella.

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Vient ensuite La mort du disque  et comme dans le clip controversé, ils cassent des disques oui, mais ceux-là sont en polystyrène. La foule récupère quelques morceaux, les brandit, saute, hurle. Orelsan s’écroule sur scène et fait le mort… Et si le show avait atteint son apogée ? Non. Nous en sommes qu’à la moitié… Nightcall de Kavinsky -BO du film Drive– retentit… Sauf que ce n’est pas vraiment Ryan Gosling qui débarque, mais Diamond Deuklo, l’interprète de Xavier dans le film d’Orelsan et Gringe « Comment c’est loin ». Look improbable, chanson complètement barrée, le concert commence à vriller. Et pour en rajouter un peu plus, les deux rappeurs poussent dans la provoc, boivent « […] quelques shooteeeers (sic) » [Manger c’est tricher, ndlr] sur scène et enchaînent avec le percutant Greenje et Orselane. Mais loin du bordel généralisé et de la caricature, les deux acolytes tiennent leur show. Ils réussissent à retourner littéralement le BIG Live, trop timide jusqu’à présent. Ils parlent à une jeunesse qui leur ressemble. Après tout, si c’était si facile, tout le monde le ferait… Nous on en reste bloqués.

Pharrell Williams 

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L’image d’une silhouette d’abord qui apparaît au fond de la scène. Il est là, c’est bon, on y est enfin. Puis les projecteurs, sa casquette, ses lunettes en forme de pâquerettes et son sourire. Lose Yourself to Dance des Daft Punk pour commencer, puis viennent plusieurs titres de son dernier album Girls.

Accompagné de ses danseuses, Pharrell assure ses prestations, mais pas de place pour la spontanéité. Tout est millimétré. Même quand il décide de faire monter du monde sur scène. Un groupe de 7 jeunes garçons pour commencer, totalement émerveillés et plein d’entrain lorsqu’il est question de se trémousser. Une quinzaine de filles ensuite : l’hommage aux femmes encore et toujours sur la thématique de son album. Vient une partie très rap toujours extrêmement rodée. Des reprises de Kendrick Lamar dont Alright, des tubes sur lesquels il a collaboré : Blurred Lines, Drop It Like It’s Hot, Get Lucky

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Certes le concert manque un peu de surprises, mais il ne manque pas d’humanité. Durant toutes les transitions, le chanteur revient sur les attentats de Nice et nous lance des messages de soutien. Ses chansons aux thèmes universels tombent à point nommé. « On ne va pas leur laisser prendre notre bonheur ». Il est minuit lorsqu’ Happy retentit, puis vient Freedom. « Une chose symbolise ce que vous être les Français : la liberté ». On pense que le concert est fini mais non, Pharrell Williams entonne les premières notes de la Marseillaise. Cette immense star américaine, au garde à vous, nous laisse chanter notre hymne et nous accompagne. La grande classe.

The Chemical Brothers 

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Le BIG Live se prolonge avec The Chemical Brothers, une partie des festivaliers est déjà rentrée mais certains amateurs d’électro ne sont venus que pour eux. Les Chemical Brothers c’est avant tout un show visuel époustouflant et des titres incontournables, comme Galvanize ou Hey Boy Hey Girl.

Le BIG Festival s’achève pour nous sur un parfum de nostalgie. C’est déjà fini, après 10 jours à s’enivrer de musique. On se quitte ainsi sur le titre Do It Again. « Tiens ce n’est pas la pub de One Million ? ». A l’année prochaine !

 

Article réalisé avec Thomas Dupleix

Crédit photo : Eline Erzilbengoa

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le 3 août 2016

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