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Live report : BIG Festival – BIG Boîte : 2e partie

Similitudes avec les débuts timides de la veille, le premier DJ de la soirée, Julien Granel, produit son set dans une salle quasi-vide où certains s’adonnent à quelques acrobaties. La tête en bas, les jambes en l’air comme pour prévenir qu’il faudra retourner la BIG Boite ce soir. Nous sommes partis jusqu’à 6h du matin, il va donc falloir envoyer.

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Au final, aucune déception. Les cinq DJs ont tenu leurs promesses. Une programmation presque exclusivement française avec une touche berlinoise apportée par Claptone. La crème de la crème de la deep house et du renouveau électro à l’instar de Møme. Ce jeune DJ cartonne avec son titre Aloha depuis plusieurs mois. Look de surfeur, casquette sur la tête, il ouvre le bal dans une ambiance chillwave. Nous sommes directement téléportés en Océanie lorsque les titres de son dernier EP (Aloha-EP, ndlr) raisonnent dans la salle de moins en moins vide. Il a beau s’appeler Møme, il assure comme un grand. L’Australien d’adoption offre une palette de compos à la fois électro, soul, hip-hop, prend sa guitare, se lève sur la table et régale la foule comme une rock star. Un DJ multi-facettes, simple et humble. « Je vais maintenant jouer un morceau qui passe souvent à la radio » dit-il un peu gêné. Comme des gosses, on se presse devant pour ne pas rater une seule miette d’Aloha. Comme un enfant, lui ne tient pas en place. Ses mains tapotent à toute vitesse sur son pad, il en laisse tomber sa casquette, puis alterne les allées et venues au bord de la scène et derrière sa table de mixage jusqu’à la fin de son set. Son énergie est communicative, il est heureux, alors nous aussi.

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De la deep aux Daft

00h30, un autre jeune DJ prend le relais. Terence N’guyen dit Darius s’empare des platines. Les beats sont percutants, la mélodie est captivante. Darius se démarque par son envie de faire passer des sentiments, même des sentiments tristes. Il ne s’arrête donc pas aux rythmes entraînants de la deep house, il veut créer autre chose. Il montre aussi ses influences, comme Watermät quelques minutes plus tard, en rendant hommage aux dieux incontestés de l’électro. Les Daft Punk, encore et toujours, sont bien présents dans les playlists.

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Plus l’on s’engouffre dans la nuit, plus l’électo chill laisse place à la house puissante. Watermät, rencontré un peu plus tôt pour une interview, augmente le volume et les basses. Lorsque Bullit, son titre aux 18 millions de vues sur Youtube, raisonne, les téléphones s’agitent, il faut à tout prix capturer l’instant. C’est sûrement le bruit de la flûte qui fait cet effet-là (voir référence interview). Watermät ne baisse pas la cadence jusqu’à 3h du matin, reprenant à la fois ses propres titres et ceux des autres comme par exemple le légendaire Sweet Child O Mine de Guns N’ Roses. Mais c’est sûrement le dernier morceau qui nous met tous d’accord. Sky and Sand de Paul Kalkbrenner nous fait lever les bras en l’air. L’espace d’un instant c’est l’osmose parfaite.

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House hypnotique et poésie électro

3h sonnent, lorsque l’oiseau de nuit fait son apparition. Claptone, chapeau en feutre et masque doré au nez crochu, s’avance aux platines. Ses mains quittent les boutons un instant, il porte aussi des gants blancs. En magicien du soir, il réussit son tour : nous envoûter par la musique. Une house à la fois percutante et hypnotique. Plus le set avance, plus Claptone s’envole, et se laisse aller à des chorégraphies derrière sa table de mixage.  Il conclut avec une reprise du titre Omen de Disclosure, avant de se retirer. L’anonyme messager de l’électro a accompli sa mission.

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Et si la magie a opéré jusqu’ici, elle continue d’être présente avec Worakls. Kévin Rodrigues, tee shirt floqué HM (HM comme Hungry Music, le label qu’il a créé avec ses deux potes N’to et Joachim Pastor), démarre son set au piano. De formation classique, il utilise beaucoup d’instruments dans ses lives, à tel point qu’il est souvent accompagné de musiciens. Seul à la BIG Boite ce soir-là, il garde tout de même les gestes d’un chef d’orchestre, et nous plonge encore une fois dans son univers, atemporel et poétique.

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Article réalisé avec Thomas Dupleix

Crédit photo : Eline Erzilbengoa

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le 23 juillet 2016

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