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Live Report : Beauregard 2016 – Jour 2

Pour son deuxième jour, marqué par le grand retour du soleil, le festival Beauregard était placé sous le signe de l’amour. Explications et retour sur les concerts marquants.

Get Well Soon

Pour commencer ce samedi des artistes en habits du dimanche : les allemands montent sur scène en costume-cravate pour monsieur et robe blanche pour madame. Au fond de la scène, quatre lettres rouge forment le mot LOVE. Le mariage de la mélancolie et des nerfs, une alliance de rythmes enlevés et une voix de crooner qui rappellent Arcade Fire, une pointe de génie et d’efficacité, un petit grain de folie en moins. Le set et les morceaux ne manquent pas de charme, mais un petit côté suranné ou kitsch, ainsi qu’un son trop gonflé en basses, ternit quelque peu la prestation.

The Horrors

Tout de noir vêtu, lunettes de soleil vissées sur le nez, le chanteur aurait presque l’allure d’un corbeau ébouriffé. On entend d’emblée dans la musique de The Horrors des réminiscences des années 80, de Joy Division entre autres. De longues introductions prennent le temps de poser un décor entêtant et sombre. Faris Badwan, le chanteur, claque le câble de son micro comme un fouet et fait tournoyer le pied. La basse jouée en ostinato, la batterie tendue, les rugissements de guitares, et les nappes ou arpèges de clavier forment un ensemble tout à la fois délicat et austère. Même si nous apprécions beaucoup la musique de The Horrors, force est de reconnaître qu’en concert il se dégage une certaine froideur, évidemment cohérente avec l’image du projet, mais qui, ajoutée au mauvais mix du son avec une voix presque inaudible, dresse comme une barrière entre les auditeurs et les musiciens.

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Naïve New Beaters

Du pop rock funky et disco, des cocottes de guitare, une basse groovy, des beats efficaces, les Naïve New Beaters ont dispensé leur recette avec grand succès. Vêtus de combinaisons blanches comiques, les musiciens emmenés par David Boring et ses facéties ont joué à fond la carte de la naïveté et de l’outrance. Les saillies burlesques du chanteur dans un mélange de français et d’anglais ont amusé le public réuni dans une ambiance bon enfant, et ses déhanchés langoureux ont fini de réchauffer l’atmosphère et de faire monter la température. Un ballon gonflable en forme de cœur est attaché à un élément de la batterie : l’amour est encore célébré sur scène, cette fois dans une ambiance joviale.

Brigitte

Cette fois la scène est habillée d’un palmier, d’une végétation luxuriante, dorée, et est habitée par un flamand rose et deux fauves. Elle annonce sans ambigüité la légèreté ensoleillée du concert de Brigitte. Le duo apparaît dans des robes serrées, noires et pailletées, échancrées, d’une sensualité assumée. Les filles prennent des poses glamour comme au ralenti, cabotinent et minaudent avec espièglerie et une féminité militante. Les rythmes sont tropicaux, avec de temps à autre des touches de reggae. Un set tout en chaleur.

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La Femme

Au moyen de leurs claviers, d’un son très marqué par les années 80, de restes punk et de rythmes tendus et pressés à la Partenaire Particulier, les sudistes de La Femme ont mis l’ambiance et fait voler la paille. Après une ouverture assez psychédélique avec le nouveau morceau « Sphynx », le groupe est revenu au registre qui a fait son succès. Dans un flow de paroles continu, les textes dépeignent l’amour et ses tracas, la drague, la tromperie, de façon très complète, puisque La Femme ne craint pas, non sans malice, d’aborder le délicat thème de la mycose. Le chanteur nous invite à la « danse de l’amour et du soleil », tissant encore le fil rouge de ce samedi.

Robert Plant

Que dire de ce concert à part qu’il fut parfait ? Un mix d’une grande qualité, un volume sonore modéré pour restituer fidèlement la musique prodigieuse de l’artiste, une voix intacte, la virtuosité des musiciens, tout impose le respect et l’admiration. Tous les morceaux nous ramènent bien sûr à une musique enracinée dans le rock et le blues, les riffs sont simples et imparables, ils sont ce soir enrichis d’un métissage qui nous transporte en Afrique ou en Andalousie. Avec autant de délicatesse que d’énergie, sans zèle aucun, Robert Plant, dont la voix habitée n’en finit pas de surprendre, offre un concert où le doux intime et les envolées se succèdent. Rien n’est surfait, tout est intègre et juste, musical. « Whole Lotta Love » retentit vers la fin du set, et Robert nous fait le signe du cœur avec ses mains. Un très grand moment de musique, encore un jalon de taille pour John Beauregard.

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The Kills

Avec Alison et Jamie, toujours de l’amour mais en plus brut. Le duo, accompagné pour ce set d’un batteur et d’une bassiste, balance un rock sauvage et bondissant, rugueux et élastique, à l’image de la gestuelle d’Alison Mosshart. Jamie Hince aussi en impose par sa présence, son jeu de pieds et ses pas chassés de reptile, ainsi que par l’ardeur de son jeu de guitare. En toile de fond de la scène, des palmiers et trois volcans qui résument bien l’esprit de The Kills : la musique sonne juste, c’est une éruption ébouriffante sans superflu, sa force est tellurique, c’est un courant venu d’en bas. L’amour a ici pris une petite fessée, accueillie il faut bien l’avouer avec un immense plaisir.

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Pour la journée de dimanche nous avons hâte de voir, entre autres, Grand Parc, Grand Blanc, Beirut, Jurassic 5 et bien sûr l’immense PJ Harvey.

Crédit photos : page Facebook officielle John Beauregard

Texte de Gildas Lemardelé et Gwendal Demeslay

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par

le 3 juillet 2016

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